C’est en voyageant autour du monde que j’ai commencé à devenir un cueilleur d’images et, au cours d’un périple en 1986 pour l’Amérique du Sud, je décide de me dédier totalement à la photographie. Ma tête remplie d’images, je me teste avec un premier reportage sur la région du Sertão au Brésil. Quelques vicissitudes techniques liées au service d’un laboratoire photo à Cayenne ne me permettent pas de faire aboutir ce reportage. Mais cette expérience me prépare pour la suite.
Je reviens en France vers 1988 et fait mes premiers pas dans une école photo de la ville de Paris, pour apprendre les techniques photographiques et le laboratoire noir et blanc. Pendant cette période, je concrétise une série de photographies sur les sculptures funéraires du Père Lachaise qui seront exposées plus tard sous le titre du Théâtre de la sépulture.
Au cours de mes démarches professionnelles à Paris, je vais faire la découverte d’un livre et de son auteur, Antonin Artaud. Ce grand poète va orienter le cours de ma vie et celui de mon regard pour toujours. Le titre de son ouvrage est Voyage au pays des Tarahumaras. Après avoir dévoré ce passionnant récit, j'annonce à mes amis mon départ pour le Mexique. Je venais de trouver un nouveau projet photo.
Dans la Sierra au nord du Mexique après avoir vécu trois ans avec les Indiens, je termine ma série photos Voyage au pays des Tarahumaras. En 1992 mon exposition de 63 photographies accompagnée des textes d’Artaud, sera présentée par le gouvernement mexicain de l’État de Chihuahua et l’Espagne, lors des événements pour la rencontre des deux mondes. Le travail sera acquis en 1993 comme un patrimoine culturel par ce gouvernement, et dans les années 2000 un livre sera édité à 5000 exemplaires (épuisé).
Je me retrouve, une fois concrétisé ce projet, face à une série de propositions qui me feront vivre 20 ans au Mexique. Je présente en 1996 une deuxième exposition de 33 photographies avec des citations d’Antonin Artaud : Le Théâtre de la cruauté ce sera comme une interprétation sur le conditionnement psychologique de l’être humain dans nos sociétés modernes. C’est en 2010 que je vais conclure toutes ces années riches d’expériences dans ce merveilleux pays avec un prix photo. Un appel à candidature de l’État de Chihuahua en accord avec la Ville de Mexico qui se présente tous les cinq ans dans les arts visuels. La série pour ce prix : Obsession d’un vieil amant.
Au début de l’année 2011 je reviens en France pour raison personnelle et je prends un nouveau départ. Professionnellement installé dans le sud de la France, je crée une marque éditoriale geeditions avec laquelle je vais vendre six beaux livres photos aux communes de ma région. J’exercerai dans la publicité, le portrait, le Festival de Cannes ou les Voiles de Saint-Tropez mais je décide de me retirer un peu de ce côté commercial de la photo pour revenir au plus prêt de mon travail d’auteur, laissé en suspens. Comme un devoir pour ne pas oublier ma conception de la photographie. J’ai à ce jour pu réaliser deux projets : L’étreinte de la fragilité (photos sur le corps) et surtout mon dernier travail, une monographie: (photos réalisées entre 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022) qui se définit dans la démarche d’une rapprochement métaphysique vers la nature.
Aujourd’hui je suis convaincu que ma recherche dans cet art visuel se décrit par une approche intuitive du sujet et de sa construction. L’interprétation du monde par la photographie est pour moi un parcours initiatique, une sorte d’introspection pour découvrir l’importance de la vie et du rapport à elle. La photographie est peut-être une autre vérité dans l’absence, éclairée par la lumière d’un présent.
Principales expositions :
Le théâtre de la sépulture (Fr et Mx)
Voyage au pays des Tarahumaras (Fr et Mex)
Introduction à un contraste (Mex)
Poésie scénique (Mex)
La danse du Peyotl (USA)
Le théâtre de la cruauté (Mex)
Depuis ma mégapole bruyante (Biennale de la photographie México)
Rencontres photographique d'Haphoram (Fr)
Fotoseptiembre (Mex)
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